Avec le développement des solutions de traduction automatique, même accessibles à tous via Internet, quel est l’avenir de la traduction ? Les agences de traduction et les traducteurs professionnels sont-ils voués à disparaître ? Quelques éléments de réponse sur ce marché de la traduction en grande mouvance…

Que valent vraiment les solutions de traduction automatique ?

Avant tout, clarifions la notion de “traduction automatique (TA)”. Il s’agit de traduire un texte ou un contenu audio grâce à un logiciel de traduction informatique, sans faire appel à aucune intervention humaine.

Depuis quelques années, et plus encore ces derniers mois, l’on peut constater le développement de ces services de traduction en temps réels dans de très nombreuses langues. Ainsi, Google (Google Translate) ou Facebook proposent de “voir la traduction” de tout contenu texte écrit dans une autre langue que celle définie par l’utilisateur. Loin d’être parfaite, cette traduction permet néanmoins à l’utilisateur de se faire une idée du contenu écrit afin d’en comprendre le sens.

Quelles sont les typologies de logiciels de traduction ?

Aujourd’hui, on trouve trois types de logiciels de traduction automatique :

  • Les outils de traduction développés à partir de l’intégration de dictionnaire et de règles (grammaire, conjugaison, éléments linguistiques. Les dictionnaires peuvent parfois être spécialisés pour offrir un contenu enrichi et donc, plus précis.
  • Déployées dans les années 90, les solutions basées sur l’analogie statistique : le logiciel analyse et compare une quantité de données traduites dans leurs différentes versions et il en déduit la traduction la plus probable. Pour être efficaces, ces systèmes nécessitent souvent une réflexion humaine pour apporter la cohérence et la subtilité manquantes.
  • Lancé en 2010 et en perpétuelle évolution, le deep learning est une révolution dans le développement de l’intelligence artificielle ! Basée sur des algorithmes neuronaux (NMT), la traduction automatique s’enrichit par sa capacité d’apprentissage personnel. Avec des résultats de traduction très satisfaisants, ce système serait d’ailleurs en cours d’intégration par Google pour améliorer significativement la qualité de ses traductions automatiques. De son côté, Microsoft semble aller dans cette voie pour l’amélioration de son outil de traduction en direct de la langue orale intégré à Skype.

Face aux géants de l’Internet qui proposent à tous l’accès à leurs outils, SYSTRAN, leader mondial des technologies de traduction (basé à Séoul (Corée) avec des bureaux à Paris (France) et San Diego (États-Unis) oppose la confidentialité de ses traductions et la cession totale des droits sur les traductions à ses clients propriétaires des solutions logicielles installées sur le serveur ou dans le cloud.

L’avenir de la traduction, du métier de traducteur ou de traducteur interprète est-il menacé par les logiciels de traduction automatique ?

Si les logiciels de traduction automatique semblent prometteurs, ils révèlent toujours des limites à considérer :
– une capacité d’enrichissement différente selon les paires de langues et ainsi, des performances de traduction inégales ;
– une appréhension plus ou moins qualifiée selon les niveaux de langue ou les spécialités : le langage courant offrant une vaste base de données comparative, sa traduction sera de meilleure qualité que la traduction littéraire ou la traduction de SMS ou encore de jeux de mots ;
– pour un texte long, les logiciels manquent de cohérence stylistique. Puisant dans d’innombrables bases de données, le rendu est fatalement contrasté.

Si la qualité des traductions automatiques s’améliore au fil des ans, on est encore loin de la qualité obtenue grâce à l’intervention de traducteurs professionnels.

L’avenir de la traduction réside ainsi dans le développement de la post-édition qui consiste à intervenir sur un contenu prétraduit grâce aux technologies de traduction afin de l’améliorer, de l’optimiser.
Appuyé par ces logiciels qui offrent une prétraduction considérée comme un premier jet, le traducteur gagne en productivité et en rapidité de traitement. Le traducteur modifie, corrige, révise le contenu traduit en tenant compte de la version source, il harmonise le style et enrichit le vocabulaire proposé initialement.

En adaptant le processus de traduction par une intervention en “post-edit”, le traducteur optimise son travail par une traduction assistée par ordinateur (TAO). Il pallie alors les limites actuelles du logiciel et valorise son intervention : plus rapide, plus compétitive, plus riche.